Association pour la santé publique du Québec

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Communiqués et publications

14 février 2018 - Communiqué de presse - Alcool

Projet de Loi no 165

0,05… Par prudence, pour la vie !

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Montréal, le 14 février 2018 – Dans le cadre des consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 165, Loi modifiant le Code de la sécurité routière et d’autres dispositions, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) plaide en faveur du principe de prudence.

« Ce principe se traduit par l’imposition de mesures préventives lorsqu’une situation est susceptible de provoquer des effets nocifs pour la santé. Puisque la prudence semble guider le législateur dans l’application de son projet de loi, pourquoi aucune mesure administrative n’est prévue pour les conducteurs avec les facultés affaiblies ayant un taux d’alcoolémie se situant entre 0,05 et 0,08, questionne Émilie Dansereau-Trahan, spécialiste de contenu à l’ASPQ. Pourtant des preuves tangibles montrent les bienfaits de telles mesures. Les études consultées sont unanimes, le risque de collision et de blessures augmente de manière exponentielle en fonction de la hausse du taux d’alcoolémie. Pour mettre de l’avant le principe de prudence, il faudra tenir compte des données probantes à ce sujet. »

Abaisser la limite légale du taux d’alcoolémie fait consensus au sein de la communauté scientifique :
-   le risque de mourir dans un accident de la route triple chez les conducteurs dont le taux d’alcoolémie se situe entre 0,02 et 0,05;
-  ce risque augmente d’au moins six fois chez les conducteurs dont le taux d’alcoolémie se situe entre 0,05 et 0,08 et de 11 fois entre 0,08 et 0,10[1].

« Depuis 2011, 2 315 personnes sont décédées sur les routes au Québec. 29 % des accidents de la route sont causés par des personnes ayant les facultés affaiblies par l’alcool, c’est donc plus de 670 individus qui sont décédés en raison de l’alcool. De toutes les provinces canadiennes, il n’y a que le Québec qui persiste à fixer une limite du taux d’alcoolémie à 0,08 d’alcool dans le sang, » déplore Madame Dansereau-Trahan.

Malgré les campagnes de sensibilisation au sujet des risques associés à la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool, plus d’un Québécois sur deux admettait avoir pris le volant après avoir consommé de l’alcool[2].

« Il est plus que jamais nécessaire d’envisager d’autres mesures afin de réduire ce taux de conduite à risque. L’ASPQ recommande donc au gouvernement d’imposer des mesures administratives semblables à celles des autres provinces canadiennes, pour tout conducteur ayant un taux d’alcoolémie se situant de 0,05 à 0,08 ainsi qu’à celui qui échoue au test de sobriété normalisé sur le terrain. Parmi les sanctions à envisager, notons l’imposition d’amendes et même le retrait temporaire du permis de conduire, notamment. Enfin, selon la porte-parole de l’ASPQ, une mesure d’abaissement du taux d’alcoolémie ne peut être efficace que si elle est accompagnée de contrôles routiers de détection d’alcool et de campagnes médiatiques soutenues. »

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité.L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.

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Source :
Jean Alexandre
Responsable des communications et de la collecte de fonds,
Association pour la santé publique du Québec
Téléphone : 514 528-5811, poste 261
Cellulaire : 514-442-7119 - Courriel : jalexandre@aspq.org

[1] Killoran, A. Canning, U. Doyl, N. & Sheppard, L. (2010). Review of effectiveness of Laws Limiting Blood Alcohol Concentration Levels to Reduce Alcohol-Related Road Injuries and Deaths, National Institute for Health and Clinical Excellence, Londres, Angleterre. Consulté le 9 février 2018 : http://www.ias.org.uk/uploads/pdf/bloodalcoholcontenteffectivenessreview.pdf

[2] Gabrielle Duchaine, (30 décembre 2014). Publié dans La Presse : http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/201412/29/01-4831607-un-quebecois-sur-deux-prend-le-volant-apres-avoir-bu.php

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