Association pour la santé publique du Québec

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Stigmatisation à l'égard du poids

Un changement de regard qui peut faire pencher la balance…

« Dès l’âge de 4 ans, les enfants ont une aversion pour les grosses personnes. À 3 ans, ça ne les dérange pas. Mais à 4 ans, ils ont une préférence pour les silhouettes minces. À 5 ans, ils commencent à se préoccuper de leurs corps et, à 6 ans, ils sont davantage préoccupés » indique Annie Aimé, professeure de psychologie à l’Université du Québec en Outaouais.

Le problème de l’obésité n’est plus un secret pour personne! Il occupe le devant de la scène médiatique et politique depuis quelques décennies maintenant. Mais avons-nous réellement regardé le problème dans son ensemble?

À l’heure où notre société prône un idéal de beauté au travers du « culte de la minceur » et pointe du doigt l’excès pondéral, l’ASPQ a décidé de porter un regard plus particulier sur la stigmatisation à l’égard des personnes en surpoids et obèses qui en découle. 

Nous avons choisi de nous intéresser plus spécifiquement aux perceptions des jeunes de 14 à 18 ans sur la stigmatisation à l’égard du poids dans leur quotidien. De ce fait, nous désirons considérer avec attention les conséquences qu’elle peut avoir sur leur santé physique et mentale telles que des comportements alimentaires malsains, une baisse de l’estime de soi, une mauvaise image corporelle ou encore une diminution de leurs motivations aux activités physiques et sociales. Ce sujet est d’autant plus important puisque les discriminations perçues et subies dans l’enfance et l’adolescence peuvent être des prédicteurs à l’apparition de troubles émotionnels et psychologiques plus tard dans la vie. Du fait que c’est à cet âge que s’adoptent les saines habitudes de vie et se construisent des relations sociales, il semble primordial de s’intéresser à ce phénomène sous tous ses angles. N’oublions pas que les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain!

Étant donné le peu de recherches menées sur ce sujet au Québec et au Canada, c’est en collaboration avec Annie Aimé, chercheure et professeure à l’Université du Québec en Outaouais, que nous tenterons de mettre en lumière cette stigmatisation à l’égard du poids chez les jeunes pour ensuite développer une campagne de sensibilisation à destination des adolescents, de leurs parents, mais aussi des intervenants qui gravitent autour d’eux. Dans ce projet, l’ASPQ s’est entourée de précieux partenaires également impliqués sur la question et avec qui elle travaille en étroite collaboration. Parmi eux, l’Agence pour la santé publique du Canada, les Directions de santé publique du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ),  ÉquiLibre, l’Association canadienne pour la santé mentale et Anorexie et Boulimie Québec (ANEB).

Nous espérons, par la diffusion des résultats de nos recherches et analyses ainsi que par les outils de sensibilisation développés, accroître la compréhension des facteurs qui influencent l’obésité et ainsi souligner l’importance de réduire la stigmatisation à l’égard des personnes ayant un surplus de poids pour favoriser, par ces derniers, l’adoption de saines habitudes de vie.

Pour plus d'informations sur le dossier stigmatisation, contactez changementderegard@aspq.org