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Avril 2004, Volume 8, Numéro 1

Le Périscoop



Une année foisonnante en périnatalité
Les projets en cours

Catherine Chouinard
Chargée de projet en périnatalité, ASPQ

C’est avec grand plaisir que je m’adresse, pour la première fois, à vous à titre de chargée de projet en périnatalité de l’ASPQ. Après cinq années passées à la Maison de naissance du CLSC Lac-Saint-Louis où j’occupais le travail d’aide-natale en plus d’animer des soirées d’informations sur le suivi de grossesse qu’offrent les sages-femmes. C’est donc par la « porte sages-femmes » que je fais mon entrée à l’ASPQ, mais le dossier périnatalité est vaste et passionnant et ce ne sont pas les idées qui manquent! Voici donc un survol des activités à venir pour l’année 2004.

La prochaine Conférence annuelle de l’ASPQ portera sur la naissance

Depuis un certain temps, le Comité national d’orientation et de mobilisation en périnatalité de l’ASPQ travaille à préparer un colloque traitant de la naissance d’un point de vue de santé publique. La question se pose ainsi : vingt ans après les colloques Accoucher ou se faire accoucher qui lancèrent une vaste démarche en faveur de l’humanisation des naissances dans les années 1980 et, considérant les taux d’interventions obstétricales en augmentation et la vision technologique de la maternité de plus en plus répandue dans la population, avons-nous humanisé la naissance ou avons-nous humanisé la médicalisation de la naissance? Les membres du Comité national sont d’avis qu’il faut agir sur la promotion de l’accouchement sous l’angle d’un processus physiologique et normal.

Ainsi, la prochaine conférence annuelle de l’ASPQ, qui se tiendra l’automne prochain dans le cadre des Journées annuelles de santé publique (JASP), portera sur les pratiques entourant la naissance dans une perspective de santé publique.

La programmation fera une place importante aux résultats d’une revue de littérature réalisée pour l’ASPQ par Hélène Vadeboncoeur, recensant des écrits relativement à certains volets du concept d’humanisation des naissances au Québec et ailleurs en Occident. En effet, il apparaît important de sensibiliser les intervenants en les nourrissant de données probantes qui soutiendront leur éventuel désir de « rénover » leur pratique en se fondant sur du solide.

Dans une perspective de prévention, nous nous intéresserons à l’état des connaissances sur la période de vie intrautérine et sur les conditions de la naissance (sous anesthésie, induite ou par césarienne), sur le maternage précoce (incluant l’allaitement) et ses conséquences sur la santé de l’adulte et son bien-être global (comportement, personnalité, violence, usage de drogues, développement psychomoteur, santé mentale, etc.). Ces connaissances pourront contribuer à orienter le développement des soins en période périnatale. Un espace sera également réservé pour communiquer aux participants l’état des travaux liés au bilan de la politique de périnatalité du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Influencer notre culture de la naissance — Amorce du processus mobilisateur

Si le colloque s’adresse plus précisément aux intervenants en périnatalité, le projet Amorce du processus mobilisateur s’adresse quant à lui à l’ensemble de la population. Il consiste en une vaste démarche de mobilisation qui permettra, en bout de ligne, d’exercer une influence sur notre culture entourant la naissance.

Pour y arriver, nous comptons établir un contact et travailler de concert avec des groupes qui exercent un leadership et une influence sur différents segments de la population. Nous songeons, notamment, aux groupes de femmes, aux organisations syndicales, à divers regroupements (familles monoparentales, travailleuses autonomes, mères lesbiennes, groupes de pères, etc.), à des conseils de recherches sur l’enfance, la famille, la santé, etc. et, plus largement, à des groupes écologiques, de développement durable, de développement des communautés, à des associations étudiantes (CÉGEPS, universités), à des associations liées aux communications et aux médias de masse. Et la liste reste à compléter!

Nous voulons sensibiliser ces groupes à la culture entourant la naissance et, plus largement, à la place du rôle parental dans notre société. Pour les alimenter, nous voulons leur suggérer des activités concrètes et sur mesure à mener au sein de leur organisation. Par exemple, inciter les étudiants à réaliser des travaux académiques. D’ailleurs, des étudiants en communication de l’Université de Montréal travaillent actuellement à la réalisation de trois reportages portant sur l’obstétrique et sur la pratique des sages-femmes.

Nous sommes disposés à répondre à toute demande de votre part allant dans le sens de ce projet.

Le Recueil de témoignages

Le projet de recueil de témoignages de femmes et d’hommes ayant eu recours aux services d’une sage-femme trotte dans la tête des membres du Groupe MAMAN depuis quelques années déjà. L’objectif d’un tel recueil est de partager avec d’autres femmes ce qu’elles ont vécu comme grossesse et accouchement, partager leurs angoisses comme leurs joies, leurs déceptions comme leurs heureuses découvertes, bref, transmettre leurs émotions. Elles veulent que ce recueil pallie au manque de transmission d’expériences où la force des femmes est en vedette. L’ASPQ s’est associée au projet en cours de route pour soutenir notamment la rédaction, le choix et la révision des textes.

Nous en sommes maintenant à la fin du processus et le manuscrit sera remis aux Éditions du Remue-Ménage en juin prochain pour une parution à l’automne 2004, juste à temps pour le colloque et pour le Salon du livre de Montréal. Vous pouvez d’ores et déjà inscrire ce recueil à votre liste de cadeaux pour Noël!

Vous pouvez lire un extrait du recueil de témoignage à la page 7 de ce numéro.

Nouvelles du dossier sages-femmes

Bien que nous attendions toujours le Règlement sur les normes de pratiques et conditions d’exercice des sagesfemmes lors d’accouchement à domicile, qui nous l’espérons sera adopté au printemps, il n’en demeure pas moins qu’il y a eu beaucoup de développements dans le dossier sage-femme au cours des derniers mois.

La Coalition pour la pratique sage-femme réunissant plus d’une dizaine d’organismes oeuvrant auprès des femmes et des familles a rencontré le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Philippe Couillard, le 7 octobre dernier. Madame Hélène Valentini représentait l’ASPQ à cette occasion. D’entrée de jeu, le ministre s’est dit très favorable à la pratique sage-femme et a déclaré aux membres de la Coalition qu’il avait l’intention de favoriser son développement.

Le 13 février dernier la Maison de naissance du CLSC Lac- Saint-Louis et l’Unité des naissances du Centre hospitalier de Lasalle rencontraient la presse afin d’annoncer la signature d’une première entente intervenue entre des sages-femmes et un centre hospitalier. Pour la première fois au Québec, des sages-femmes pourront assister leurs clientes lors de certains accouchements à cet hôpital de façon autonome. La voie est enfin ouverte à un meilleur partenariat entre professionnels tout en reconnaissant la particularité de la pratique sage-femme.

Nous saluons cette bonne nouvelle qui offre plus de choix aux femmes du Québec quant aux lieux de naissances. Cependant, dans une perspective de santé publique, nous croyons que le coeur du développement de la pratique sage-femme doit demeurer les maisons de naissance en raison de leur caractère communautaire qui englobe une vision plus large qu’un simple lieu pour accoucher; et nous continuons d’appuyer avec vigueur le domicile comme le lieu d’accouchement le plus naturel (si on considère la naissance comme un acte avant tout normal et physiologique), et qui, de par ce fait, doit devenir le lieu de référence à partir duquel les protocoles et les interventions en obstétrique devraient être évalués.

Et il semble que de plus en plus de gens au Québec adhèrent à cette vision. En novembre dernier, le Collège des médecins publiait un sondage effectué par la firme Léger Marketing. À la question : « Selon vous, parmi les choix suivants, quel est le milieu qui vous paraît le plus sécuritaire pour accoucher? »,83 % de la population québécoise répond l’hôpital. Rien de surprenant à cela. Par contre, si on y regarde de plus près, 12 % de la population croit que ce sont les maisons de naissance tandis que 2 % croit que c’est le domicile. Donc, 15 % de la population québécoise estime que les accouchements normaux devraient se passer hors des centres hospitaliers. Étant donné que les sages-femmes assistent moins de 3 % des naissances au Québec et que les listes d’attentes pour une place dans une maison de naissance dans la région de Montréal dépassent les 900 noms, il y a place au développement!

Sondage sur les rencontres prénatales

Dans la plupart des régions du Québec, des rencontres prénatales sont offertes aux couples dont la femme est enceinte. L’organisation de ces rencontres, leur durée, leur contenu et leur accessibilité varient beaucoup d’un territoire à l’autre.

D’une part, afin de bien vivre cette période toute spéciale de la grossesse, la femme et le couple ont besoin d’informations et d’espace pour échanger sur leurs préoccupations. La discussion en groupe favorise aussi la réflexion et les prises de conscience. Les rencontres prénatales sont donc un lieu d’échanges pour les parents et de cueillette d’informations en vue de faire des choix et de prendre des décisions éclairées.

D’autre part, il n’y a pas beaucoup d’occasions d’échanges ni de réseautages pour les intervenantes en ce qui a trait aux rencontres prénatales. L’expertise et la préparation exigées pour animer des rencontres prénatales et être en mesure de répondre aux questions des parents ne sont pas reconnues. Ainsi, dans la formation en soins infirmiers ou en étude sage-femme, les étudiantes ne reçoivent pas de formation pour préparer ou animer des rencontres prénatales. Les intervenantes expriment le besoin d’être alimentées et elles n’ont pas suffisamment de temps pour faire toutes les recherches pour structurer et mettre à jour le contenu de leurs cours en plus d’animer les rencontres et de répondre aux questions des parents.

Le Comité national s’est penché sur la question dans l’objectif de redonner aux rencontres prénatales leur importance et leur valeur afin que soit reconnue l’expertise que demande l’intervention dans ce domaine et de revaloriser leur rôle en tant que lieu pour permettre aux parents de s’exprimer sur leurs besoins et interrogations.

C’est pourquoi nous profitons de la parution de ce numéro du Périscoop et de notre passage au Salon Maternité Paternité Enfants de Montréal pour vous soumettre deux sondages concernant les rencontres prénatales. Nous désirons connaître quelles sont les attentes des parents, quels sont les besoins des intervenantes et par quel outil nous pourrions les assister.


Avril 2004, Volume 8, Numéro 1

• Une année foisonnante en périnatalité
• Témoignage d’accouchement

Editorial
• La normalité... et l'oubli

Allaitement
• Allégorie sur le thème du Petit Chaperon rouge

Dossier norme et obstétrique
• La césarienne sur demande
• Infections nosocomiales et accouchement
• La péridurale
• Épisiotomie :

Sommeil partagé
• Prise de bec scientifique
• Un gros câlin et je m’endors

Nouvelles des régions
• Journée thématique sur l’accouchement à domicile à Sherbrooke
• Une maison de naissance sur le Plateau Mont-Royal
• Développement d’une autre maison de naissance dans la région de Québec
• Quoi de neuf dans les Laurentides?
• Le Groupe MAMAN

Place aux opinions
• Lettre ouverte au quotidien La Presse

En bref
• Naître en couleur
• Devenir parents… allaiter bébé
• Il tétait une fois… Journal de la Fédération Québécoise Nourri-Source
• À propos du sevrage… quand l’allaitement se termine
Association pour la santé publique du Québec



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