Association pour la santé publique du Québec

L'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) est un regroupement autonome, multidisciplinaire et sans but lucratif qui contribue à la promotion, à l’amélioration et au maintien de la santé et du bien-être de la population québécoise. Son approche globale et intégrée contribue à faire de la santé un terrain où prévalent la mobilisation, la concertation et la collaboration.

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Communiqués et publications

4 novembre 2011 - Lettre au premier ministre du Québec - Prévention de la violence
Revue de presse

Lettre au preministre du Québec

Contrôle des armes à feu - L'ASPQ demande une action juridique pour protéger le registre

Monsieur le Premier ministre,

L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) appuie fortement, et depuis toujours, l’existence et le maintien du registre des armes à feu. D’un point de vue de santé publique, il s’avère un outil essentiel pour prévenir les suicides, les accidents ainsi que les meurtres par balle. Les études réalisées par l’Institut national de santé publique du Québec nous confirment que la Loi canadienne sur les armes à feu, qui inclut le registre, est à l’origine d’une diminution significative du nombre de décès par balle au Canada, soit une moyenne de 250 suicides et de 50 homicides par année.

Nous vous demandons aujourd’hui d’agir en homme d’État, dans l’intérêt de toutes les Québécoises et de tous les Québécois, en utilisant les pouvoirs que ce titre vous confère afin que le registre des armes à feu soit maintenu et que les 7 millions de données qu’il contient ne soient pas détruites. Plus spécifiquement, nous vous demandons de contester le projet de loi C-19 devant les tribunaux, et ce, dans les plus brefs délais. Sauver le registre et ses données équivaut à sauver des vies humaines.

L’ASPQ joint sa voix à celles de la population et des députés de l’Assemblée nationale afin que triomphe la voix de la raison. L’enregistrement d’une arme est une procédure rapide et gratuite, effectuée qu’une seule fois lors de l’achat, et dont l’utilité n’est plus à prouver, tant pour la sécurité et l’efficacité des corps policiers que la santé et la sécurité de la population québécoise. Dans le cadre de leurs enquêtes, les forces de l’ordre consultent les données contenues au registre près de 17 000 fois par jour.

Récemment, vous vous êtes publiquement prononcé en faveur du maintien du registre des armes. Vous avez assuré les Québécoises et les Québécois que vous examineriez « tous les moyens, tous les recours » possibles afin de protéger son existence et son intégrité. Puisque le gouvernement conservateur de monsieur Harper n’acceptera aucun compromis, un recours devant les tribunaux s’avère la seule solution réaliste qui permettra de sauver le registre ou, du moins, de rendre ses données disponibles aux provinces qui désirent instaurer leur propre mécanisme de contrôle.

Nous ne doutons pas que vous saurez agir en conformité avec l’opinion et les valeurs de la société québécoise, dans le but de protéger ceux et celles qui la composent, en annonçant officiellement, très prochainement, que le gouvernement du Québec contestera le projet de loi C-19 devant les tribunaux.

Nous comptons sur vous pour protéger la sécurité et la vie des Québécoises et des Québécois que vous représentez. Recevez, monsieur le Premier ministre, l’expression de ma plus haute considération.

La présidente,

Lucie Thibodeau