Association pour la santé publique du Québec

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31 mai 2018 - Communiqué de presse

Non à la privatisation de la SAQ

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Non à la privatisation de la SAQ

Montréal, 31 mai 2018 – L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) prône que la Société des alcools du Québec (SAQ) demeure propriété de l’État québécois. La spécialiste de contenu de l’ASPQ, Émilie Dansereau-Trahan rappelle qu’ « hier, la santé publique réalisait un gain important dans le cadre de l’étude détaillée du projet de loi no 157 en apprenant l’abandon des projets pilotes de vente au détail. Nous évitions la vente de cannabis par le secteur privé et soulignions, au passage, le courage politique de placer la santé en avant des profits. Aujourd’hui, le gouvernement annonce son intention d’étudier la potentielle privatisation de la SAQ. Cette annonce va à l’encontre de toutes les recommandations en matière de prévention des problèmes liés à l’alcool. »

Un peu d’histoire
L’ancêtre de la SAQ, La Commission des liqueurs du Québec a vu le jour en 1921, en pleine prohibition. À cette époque, le gouvernement du Québec choisissait une solution originale : la tempérance plutôt que l'abstinence, contrairement au reste de l'Amérique du Nord. La Loi sur les boissons alcooliques donnait à la Commission le mandat notamment de vérifier la qualité des produits vendus. « C’était une mesure préventive pour préserver la santé des citoyens, » rappelle la porte-parole de l’ASPQ.

Au nom de la cohérence : la santé avant tout
Selon madame Dansereau- Trahan, « en rédigeant le projet de loi no 157 constituant la Société québécoise du cannabis (SQDC), le gouvernement du Québec a rappelé son intention d’assurer la vente du cannabis dans une perspective de protection de la santé, afin d’intégrer les consommateurs au marché licite du cannabis et de les y maintenir, sans favoriser la consommation de cannabis. La même logique doit s’appliquer à une substance psychoactive encore plus dangereuse pour la santé, l’alcool.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rapporte que l’alcool est le troisième facteur de risque sur un total de 26 qui contribue au fardeau de la maladie et de la mortalité dans le monde[1]. L’alcool est associé à plus de 200 problèmes sociaux et de santé[2]. L’OMS, dans sa Stratégie globale de réduction des méfaits liés à l’alcool, réitère l’importance de non seulement maintenir en place les monopoles étatiques de vente d’alcool, mais aussi de leur donner un mandat de responsabilité sociale. Il s’agit également d’une recommandation du Groupe de travail sur la stratégie nationale sur l’alcool[3].

« Si le gouvernement prétend faire une bonne affaire en privatisant en totalité ou en partie la SAQ, il fait fausse route. Émilie Dansereau-Trahan rappelle qu’en 2015, une étude émanant de l’Institut de recherche et d’information socio-économiques (IRIS) concluait que la privatisation totale ou partielle de la SAQ mettrait en danger l’équilibre des finances publiques. La santé financière de la province, c’est aussi de la santé durable… »

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec
L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité. L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention www.aspq.org.

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Source : Émilie Dansereau-Trahan
Experte de contenus – dossier cannabis
Association pour la santé publique du Québec
Téléphone : 514 528-5811, poste 232
Cellulaire : 514-799-7901
Courriel : edansereau@aspq.org

 

[1] http://www.who.int/substance_abuse/publications/global_alcohol_report/en/

[2] Id.

[3] http://www.ccdus.ca/Resource%20Library/CCSA-National-Alcohol-Strategy-Monitoring-Report-2017-fr.pdf

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