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24 août 2017 - Communiqué de presse - Cannabis

Cannabis : Qui le gouvernement choisira-t-il d’écouter ? Ses experts de santé et sa population ou l’industrie ?

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Cannabis : Qui le gouvernement choisira-t-il d’écouter ? Ses experts de santé et sa population ou l’industrie ?

Montréal, le 24 août 2017 – C’est à Québec que s’arrêtent, aujourd’hui, les co n su lt at ion s ré- gion ale s su r l’en cad rem ent d u can n ab is . L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), qui sera sur place, profite de ce deuxième arrêt pour faire connaître les résultats d’un sondage concernant la norme sociale liée au cannabis réalisé par SOM l’été dernier auprès des résidents de la région de la Capitale-Nationale.

Les résidents de la Capitale-Nationale se distinguent du reste de la province quant à leurs préférences pour les lieux de vente de cannabis. Chez l’ensemble des Québécois, près de la moitié (45 %) croient que le cannabis devrait être vendu dans des succursales gérées par l’État alors que 30 % préconisent plutôt la vente en pharmacie et que seulement 12 % voudraient la voir permise dans d’autres commerces privés. Or, pour les citoyens de la Ville de Québec, leur position était plus partagée entre des succursales gérées par le gouvernement (38 %) et la vente en pharmacie (34 %).

« Ce qui est clair, c’est que la majorité des Québécois, y compris les résidents de la région de la Capitale-Nationale, ne font pas confiance au secteur purement privé pour lequel l’impératif de profit est au premier plan, mais confierait plutôt la vente du cannabis soit au gouvernement, soit aux professionnels de la santé de proximité qui sont déjà responsables de leurs médicaments et les conseillent sur leur santé et mode de vie, c’est- à-dire les pharmaciens », explique Émilie Dansereau-Trahan, chargée du dossier cannabis à l’ASPQ.

Le Québec comporte de n o mb reu ses sociét és d ’Ét at qui ont comme mission d’offrir un service ou un bien à la population et pour lesquels les intérêts pécuniaires sont absents ou secondaires face à ceux de la santé, de la sécurité et de la sûreté du produit ou du service rendu.

« Le privé trouve sa place au niveau de la production pour laquelle les contrôles seront régis par les deux paliers de gouvernement, mais rien ne justifie que ces derniers aient affaire aux consommateurs directement ou via d’autres commerçants pour lesquels les profits passent avant la santé. C’est pourquoi le modèle du monopole d’État, tel qu’Héma-Québec, Urgences-Santé ou la Société des traversiers pour donner des exemples différents de celui de la SAQ, nous paraît incontournable.

“L’argument voulant qu’en confiant la vente du cannabis à une société d’État, le gouvernement devienne automatiquement un pusher de cannabis est complètement simpliste et farfelu. Avec ses sociétés d’État que sont Urgences-Santé, Télé-Québec et la Société des traversiers, est-ce que le gouvernement est devenu un promoteur d’urgence, de temps à l’écran ou des traverses de cours d’eau ? Le dossier du cannabis est complexe et le gouvernement devra faire preuve de courage politique et d’innovation tout en gardant les deux mains sur le volant”, ajoute madame Dansereau-Trahan.

“Jusqu’à maintenant, le consensus qui se dégage, qu’il s’agisse de la majorité populaire, du f oru m d’ex pert s , de l’Institut national de santé publique du Québec ou de tous ceux qui sont intervenus à Rimouski dans le cadre de la première journée de consultations, est que la vente au consommateur devrait être confiée à une entité où l’intérêt public et de santé prédomine. Rappelons que parmi les acteurs présents à Rimouski se trouvaient des intervenants de terrain en santé mentale et en toxicomanie, des officiels régionaux de santé publique, des élus municipaux et de citoyens,” rapporte Lucie Granger, directrice générale de l’ASPQ qui était à Rimouski à titre d’observatrice.

“Cependant, dans la mesure où l’industrie du cannabis sera largement représentée lors des consultations ayant lieu à Québec, ce ne sera probablement pas le modèle de société d’État ou de vente en pharmacie qui sera mis de l’avant aujourd’hui. Reste à savoir qui le gouvernement choisira-t-il d’écouter au final ? Ses experts de santé et sa population ou l’industrie,” conclut madame Granger.

Les ré su ltat s du son d age p ou r l’en semb le d e la province et ceux pour la région de la Capitale-Nationale sont disponibles en ligne pour consultation.

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité́. L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La santé durable s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.

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Source: Émilie Dansereau-Trahan, Chargée de dossiers Association pour la santé publique du Québec Téléphone: 514 528-5811, poste 232 - Cellulaire: 514-799-7901 Courriel: edansereau@aspq.org

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