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27 juin 2017 - Communiqué de presse
Québec doit réagir à l’assouplissement des règles de production de cannabis en établissant un modèle de distribution étatique

Dossier cannabis

Québec doit réagir à l’assouplissement des règles de production de cannabis en établissant un modèle de distribution étatique

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Québec doit réagir à l’assouplissement des règles de production de cannabis en établissant un modèle de distribution étatique

Montréal, le 27 juin 2017 – L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) accueille avec prudence les assouplissements, consentis par Santé Canada, aux producteurs de cannabis médical déjà autorisés. Dans un an, si tout se passe comme le fédéral l’entend, le cannabis à des fins récréatives sera légalisé. Des joueurs influents tentent déjà de tirer leur épingle du jeu et ce matin, nous apprenions que Santé Canada acceptait de faire quelques concessions à la réglementation en place afin de rencontrer la demande accrue anticipée pour le cannabis récréatif. En gros, Santé Canada met fin au système des quotas et élimine les contraintes liées à l’entreposage.
« En soi, cette nouvelle n’est pas surprenante : nous sommes dans une période de transition. Les producteurs légaux songent maintenant à prendre la place occupée par le marché noir. Il est normal de prévoir une plus grande demande et de vouloir y répondre, sans toutefois la stimuler, mentionne Émilie Dansereau-Trahan, chargée du dossier cannabis à l’ASPQ. Si les standards élevés de production, d’homologation et d’obtention de licence sont maintenus, le fait d’accroître la production et l’entreposage ne pose pas problème a priori, mais soulève des questions. »

Contrer le marché noir n’est pas le seul objectif

« Il est souhaitable, pour satisfaire la demande anticipée, d’avoir une production suffisante; mais il ne faut pas chercher à stimuler ni à promouvoir cette demande. De plus, on doit mettre en place des mesures de traçabilité des produits fabriqués et entreposés afin que ceux-ci, advenant une surproduction, ne soient pas détournés pour alimenter le marché noir. De plus, le fait qu’il n’y ait pas de limites au nombre de licences émises soulève des inquiétudes. De grands joueurs de l’industrie se feront concurrence et souhaiteront gagner des parts de marché. C’est pourquoi l’ASPQ estime que toute forme de marketing devra être interdit afin de protéger les jeunes et de ne pas stimuler la demande » rappelle Émilie Dansereau-Trahan.

Monopole d’État et santé publique

La responsabilité du provincial est d’autant plus importante pour protéger les jeunes étant donné que Santé Canada ouvre la porte à une plus grande production. « L’industrie a le vent dans les voiles et pour canaliser ce mouvement, il semble indispensable qu’un monopole d’État dont l’objectif premier n’est pas de générer des revenus soit mis en place. Cela empêcherait une consolidation verticale du marché, mentionne la chargée du dossier.
Actuellement, certains producteurs de cannabis médicinal commanditent des événements culturels destinés à un large public. Ils se positionnent déjà afin de se distinguer les uns des autres et leurs stratégies rappellent celles des producteurs de tabac. » Rappelons que pour l’instant, seul le cannabis à des fins médicinales est autorisé. « Que ces compagnies commanditent des événements scientifiques sur la recherche passe encore, mais qu’elles prennent part à des événements ouverts à toute la famille, c’est inquiétant! » conclut madame Dansereau-Trahan.

À propos de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable, par la prévention, une priorité. L’ASPQ soutient le développement social et économique par la promotion d’une conception durable de la santé et du bien-être. La « santé durable » s’appuie sur une vision à long terme qui, tout en fournissant des soins à tous, s’assure aussi de les garder en santé par la prévention. www.aspq.org.

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Source :

Jean Alexandre
Responsable des communications et de la collecte de fonds,
Association pour la santé publique du Québec
Téléphone : 514 528-5811, poste 261
Cellulaire : 514-442-7119
Courriel : jalexandre@aspq.org

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