Montréal, 12 août 2009 – Préoccupée par la popularité grandissante des produits amaigrissants achetés sur Internet et par le nombre de plaintes déposées à l’Office de la protection du consommateur (OPC) au sujet des Baies d’Açaï, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) met en garde les consommateurs à l’égard de ces produits qui peuvent s’avérer dangereux pour la santé et propose huit critères pour identifier de saines pratiques de contrôle du poids.
« Sur les blogues faisant la promotion de ces produits, on promet une perte de poids de 20 livres en 2 semaines. Même si cela s’avérait exact, il ne s’agit pas d’une perte de poids saine puisque la perte de poids est principalement due à une perte d’eau et non de graisse et que le risque de reprendre les livres perdus, et même plus, est très élevé », indique Émilie Dansereau-Trahan, chargée de projet à l’ASPQ. Selon les critères issus de la littérature scientifique et entérinés par un comité d’experts de l’ASPQ, un maximum de 1 à 2 livres par semaine est acceptable.
Huit critères pour s’y retrouver
Selon ces experts, huit critères d’analyse des pratiques de contrôle du poids ont été identifiés :
1. Le rythme de perte de poids : perte de poids graduelle d’au plus 1 à 2 livres par semaine
2. L’approche devrait être globale et miser sur l’alimentation, l’activité physique et une démarche de modification des comportements. Elle devrait également être individualisée et tenir compte de l’âge de la personne.
3. L’intervention alimentaire devrait être basée sur une évaluation des habitudes alimentaires de la personne.
4. La pratique régulière d’activité physique devrait être favorisée en tenant compte de l’âge et des habitudes de la personne. Selon la littérature scientifique, l’activité physique est le principal déterminant du maintien de la perte de poids.
5. La démarche devrait reposer sur des principes scientifiques (données probantes) et son efficacité à long terme devrait être évaluée (minimum un an).
6. Le produit devrait être sécuritaire.
7. La promotion et la publicité doivent se conformer aux lois et aux règlements en place et faire appel à des affirmations réalistes ainsi qu’à une information juste et complète.
8. L’information sur le coût total potentiel de la démarche de perte de poids ainsi que sur les modalités de paiement doit être complète.
Appel à la vigilance
Selon un sondage de l’ASPQ, plus de la moitié des Québécoises (60 %) âgées de 18 ans et plus ont tenté de perdre du poids en 2008 et 10 % d’entre elles l’ont fait à l’aide de produits ou de moyens amaigrissants. Chez ces utilisatrices, 39 % n’avaient pas de surplus de poids. « Plusieurs des produits qui se retrouvent en vente libre n’ont pas été évalués par Santé Canada ou n’ont pas fait la preuve qu’ils peuvent être consommés sans danger », précise Émilie Dansereau-Trahan. Elle rappelle également qu’une personne est décédée aux États-Unis, au printemps, à la suite de l’utilisation d’un produit amaigrissant de ce type, soulignant ainsi l’importance d’être prudent face à leur utilisation.
A propos de l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
L'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) est un regroupement autonome, multidisciplinaire et sans but lucratif qui contribue à la promotion, à l'amélioration et au maintien de la santé et du bien-être de la population québécoise. De plus, elle entretient des liens avec les communautés de santé publique canadienne et internationale.
Émilie Dansereau-Trahan est chargée de projet à l’ASPQ et travaille sur le dossier des produits, services et moyens amaigrissants (PSMA). Elle est candidate au doctorat en psychologie à l’Université du Québec à Montréal et est détentrice d’une maîtrise en bioéthique de l’Université de Montréal.
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Pour joindre Émilie Dansereau-Trahan :
Chargée de projet
Association pour la santé publique du Québec
Téléphone : 514 528-5811 poste 237
Cellulaire : 514 799-7901
Courriel : edansereau@aspq.org