Association pour la santé publique du Québec

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Municipalités choisies

Villes choisies : Baie-St-Paul, Lavaltrie et Gatineau

Un sondage effectué en septembre 2010 révèle que la population des trois municipalités appuie sans réserve le projet:

  • Gatineau : 87 %
  • Lavaltrie : 87 %
  • Baie-St-Paul : 83 %

Les villes choisies pour la réalisation du projet-pilote présentent des caractéristiques fort différentes les unes des autres et reflètent ainsi diverses réalités municipales au Québec, notamment au niveau de la taille et du stade de développement des villes. Elles ont une préoccupation commune, la santé et l’alimentation des jeunes, et ont toutes trois à cœur de leur offrir un environnement qui favorise l’adoption de saines habitudes de vie. Le projet d’urbanisme et d’environnement alimentaire autour des écoles s’inscrit à l’intérieur d’une approche de politique publique par laquelle la municipalité pourra affirmer sa volonté de contribuer au mieux-être des jeunes.

La réglementation municipale peut aider à la promotion de la santé

auprès des jeunes.
 

Pourquoi Baie-Saint-Paul?

Baie-Saint-Paul : Un environnement sain pour les jeunes

  • Population : 7 290 habitants
  • Écoles : 2 écoles primaires et 1 école secondaire 
  • Sondage septembre 2010 : 83 % des Baie-Saint-Paulois appuient le projet

Baie-Saint-Paul se situe à quelque 100 km de Québec. Elle fait partie de la région touristique de Charlevoix, mais aussi de la région administrative de la Capitale nationale. Baie-Saint-Paul est une ville de centralité, un pôle de service et du développement régional. 

La santé et la qualité de vie citoyennes sont au centre des préoccupations de la Ville. Les personnes, la protection de leur santé et l’amélioration de leur qualité de vie en harmonie avec la nature sont des principes qui guident les politiques de la Ville. En effet, plusieurs politiques sont en lien avec la santé des citoyens.

À l’Agenda 21, politique pour laquelle Baie-Saint-Paul a reçu le Prix d’excellence du Réseau québécois des Villes et Villages en santé en 2006, le premier principe stipule que les personnes, la protection de leur santé et l’amélioration de leur qualité de vie sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Les personnes ont droit à une vie saine et productive, en harmonie avec la nature. Et que pour ce faire, la ville s’engage à optimiser et améliorer les équipements de loisir en collaboration avec les partenaires.

En plus du développement régional et agro-touristique, le champ d’activités de la Santé, loisir, éducation et jeunesse est l’un des quatre secteurs visé dans sa Politique de subventions, dons et prêts.

Par ailleurs, le Plan d’action de sa Politique familiale vise à développer des circuits piétonniers et favoriser la présence des piétons dans les aménagements urbains de la ville; à promouvoir la marche et le vélo tout en poursuivant le développement du réseau de pistes cyclables; à améliorer les équipements pour les loisirs : parcs, bâtiments et modules de jeu; à organiser des Rendez-vous de la santé qui fait la promotion des saines habitudes de vie pour toute la famille.
 

Les retombées positives du projet pilote

Le maire, Jean Fortin, nous indique que les membres du conseil municipal sont plus sensibilisés au problème et qu’ils encadreront le plus rapidement possible ce type de restauration par un règlement de zonage fondé sur les usages conditionnels : «Il y a une plus grande réflexion par rapport à utiliser le zonage pour améliorer l’offre alimentaire autour des écoles, en particulier sur la façon d’intégrer cela dans notre nouveau plan d’urbanisme».

La ville qui a été très sollicitée par les médias concernant les suites du projet pilote, développe une plus grande réflexion quant à l’utilisation du zonage pour améliorer l’offre alimentaire autour des écoles ainsi que sur la façon de l’intégrer dans son nouveau plan d’urbanisme. Baie-Saint-Paul a le souci d’améliorer sa politique de promotion des saines habitudes de vie vers une gestion optimale des usages liés à l’offre alimentaire.

Pourquoi Gatineau?

Gatineau : Leader pour la santé des jeunes
 

  • Population : 250 000 habitants
  • Écoles : 54 écoles primaires et 13 écoles secondaires
  • Sondage septembre 2010 : 87% des Gatinois appuient le projet

Gatineau s’est doté d’une politique familiale en 2005 dont l’un des principaux axes est d’agir sur la qualité de l’environnement et de contribuer au mieux-être physique et mental des familles. La politique des loisirs, du sport et du plein air de la ville, privilégie l’accès à des aliments sains dans les infrastructures et les parcs municipaux.

La ville, par l’entremise du leadership de sa Commission Gatineau, ville en santé, travaille à la mise en place de différentes actions afin de promouvoir de saines habitudes de vie pour une communauté en santé. Toujours à la recherche de nouveaux moyens à mettre en œuvre pour assurer une saine qualité de vie à ses citoyens, Gatineau a récemment uni sa voix à celles de plusieurs autres municipalités en signant la déclaration d’engagement pour les saines habitudes de vie du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) et en se joignant au Réseau de Villes et Villages en santé.

De plus, pour assurer la pérennité de ses actions, l’ex-ville de Hull avait crée en 1989 la Commission Hull, Ville en santé devenue la Commission Gatineau, Ville en santé lors des fusions municipales en 2002. Par l’entremise de cette commission, la Ville s’est jointe au Réseau de Villes et Villages en santé.
 

Les retombées positives du projet pilote

Depuis la fin du projet pilote, le Service d’urbanisme et du développement durable de la ville a poursuivi son objectif d’accessibilité à une alimentation saine et la promotion des saines habitudes de vie, via la préparation du schéma d’aménagement et de développement révisé. Notamment, un volet sur l’agriculture urbaine et l’accessibilité à des aliments sains a été exploré et pourra donner suite à des actions. La ville a adopté dans ce sens, une politique alimentaire en juillet 2010.

Selon Madame Magdalena Dudek, urbaniste et chargée à la réglementation au Service de l'urbanisme et du développement durable, «L’objectif principal est de contribuer à l’amélioration de la qualité des aliments offerts, créer des environnements favorables à une saine alimentation et enfin faciliter l’accès à des aliments sains dans les infrastructures, en accord avec la mission et les responsabilités de la ville de Gatineau et en cohérence avec son intervention dans l’aménagement du territoire et des infrastructures communautaires, culturelles, de loisir, de sport et de plein air». 

Plus précisément, les changements proposés consistent à favoriser et à faciliter, dans les installations municipales et sur le territoire, l’accès à des aliments à haute valeur nutritive en accord avec les connaissances reconnues d’une saine alimentation.
 

Pourquoi Lavaltrie?

Lavaltrie : L’avenir en santé des familles
 

  • Population : 13 000 habitants
  • Écoles : 4 écoles primaires et 1 école secondaire
  • Sondage septembre 2010 : 87% des Lavaltrois appuie le projet

La Ville de Lavaltrie est fière d'avoir prit part au projet pilote Urbanisme et environnement alimentaire autour des écoles, et ce, depuis janvier 2009. Il s’agit pour eux d’une belle occasion d’approfondir leur réflexion en regard du développement, et ce, dans le but d’améliorer la qualité de vie des familles lavaltroise, en favorisant l'adoption et le maintien de saines habitudes de vie, particulièrement autour des milieux scolaires.

Sise sur le Chemin du Roy, la Ville de Lavaltrie étonne par sa vocation à la fois urbaine et rurale. Été comme hiver, la Ville de Lavaltrie offre une série d’activités culturelles et de plein air pour agrémenter les journées de loisir en famille. Séduites par la qualité de vie, par la proximité des grands centres et par l’attrait du fleuve, de nombreuses personnes, dont plusieurs jeunes familles, choisissent de s’établir à Lavaltrie.

À Lavaltrie, la Politique familiale municipale est la pierre angulaire de plusieurs des décisions et des projets à venir. Au coeur de la réflexion, il y a toujours une grande priorité : la famille lavaltroise avec sa réalité actuelle.

La ville est à l’image de ses familles, qui représentent la majeure partie de la population locale. Pour le bien-être des parents et des enfants, la ville a choisi d’évoluer dans un environnement équilibré et en santé. Cette philosophie a incité la ville à promouvoir au cours des dernières années le concept des saines habitudes de vie, pour toute la population lavaltroise, et particulièrement pour les jeunes fréquentant les écoles de Lavaltrie.

Avant même la création de la Politique familiale, et encore aujourd’hui, plusieurs actions ont été mises de l’avant par la ville et sa communauté, dans une perspective d’amélioration de la qualité de vie et de la santé globale des citoyennes et citoyens :

  1. Lavaltrie est membre du Réseau québécois de Villes et Villages en santé (2007);
  2. Par l’entremise de la Commission scolaire des Samares, les cinq écoles ont adopté la Politique-cadre pour une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif en milieu scolaire Pour un virage en santé à l’école (2007);
  3. La Politique familiale de Lavaltrie (2008) identifie plusieurs actions liées aux saines habitudes de vie;
  4. La Ville de Lavaltrie travaille en collaboration avec la Direction de la santé publique par le biais du Comité Santé Lavaltrie créé en 2008.

Les retombées positives du projet pilote

Suite au projet pilote, Lavaltrie a adopté en 2010 une résolution visant à interdire l’implantation de commerces de restauration rapide autour des écoles dans un rayon de 500 mètres. Depuis la fin du projet, l’intention des élus municipaux était d’insérer, dans le cadre de la refonte du plan d’urbanisme et du règlement de zonage, une classification précise de l’offre alimentaire sur une base juridique solide. Les usages conditionnels suggérés par les conseillers urbanistiques et juridiques ne permettaient pas aux élus d’avoir une marge de manœuvre pour l’acceptation de restauration avec service au comptoir qui aurait été jugé comme «santé», cette avenue a été mise de côté. 

M Carol Rivest, Urbaniste, déclarait : « À la lumière des conclusions du rapport et sur la faiblesse de nos pouvoirs actuels, je crois qu’il est primordial que la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme soit modifiée afin de donner aux municipalités, des pouvoirs d’intervention clairs et nets en matière de restauration rapide». Ces pouvoirs devraient permettre de faire la différence entre une restauration rapide néfaste pour la santé et celle qui ne l’est pas.
 

La Conclusion et les retombées positives

Téléchargez le rapport Urbanisme et environnement alimentaire autour des écoles : une règlementation pour limiter l’implantation des restaurants rapides pour connaitre l'ampleur qu'a prit le projet Zonage!

Un projet au cœur des préoccupations gouvernementales

La promotion de la santé au Québec

Pour tenter d’éliminer les problèmes reliés au poids, le gouvernement provincial a adopté le programme Investir pour l’avenir - Plan d’action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie (2006-2012). Dans ce plan, plusieurs éléments ont été réunis afin de cerner les sources entraînant des problèmes de santé chez les jeunes, dont l’obésité, et les moyens d’améliorer leur qualité de vie. Parmi ceux-ci figure notamment « la favorisation de la saine alimentation qui a pour but la promotion et le soutien au développement d’environnements favorables à l’adoption de saines habitudes alimentaires ». À cela s’ajoute la politique-cadre Pour un virage santé à l’école (2007) dont l’objectif est d’aider le milieu scolaire à améliorer l'offre alimentaire à l'école et permettre aux jeunes d'adopter un mode de vie physiquement actif.

La Charte d’Ottawa

De son côté, le gouvernement fédéral est aussi intervenu au milieu des années 80 en signant la Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé, suite à la première conférence internationale pour la promotion de la santé qui a eu lieu à Ottawa en 1986. D’ailleurs, dans sa mission et le choix des projets qu’elle met sur pied, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) se base sur la définition et les principes de promotion de la santé qui sont énoncés dans la Charte. Les 38 pays participants à la conférence, qui ont signé le document, se sont de ce fait engagés à :

  • Contrer les pressions exercées en faveur des produits dangereux, des conditions et des milieux de vie malsains ou d’une nutrition inadéquate.
  • Reconnaître que les individus constituent la principale ressource sanitaire, à les soutenir et à leur donner les moyens de demeurer en bonne santé.

C’est dans ce contexte que l’ASPQ a mis sur pied le projet d’amélioration de l’environnement alimentaire autour des écoles par la réglementation municipale.

Les saines habitudes de vie dans le milieu municipal

En ce qui concerne les municipalités du Québec, elles sont également actives en matière de saines habitudes de vie favorisant la santé de leur population. En effet, plusieurs d’entre elles ont entrepris des projets d’urbanisme qui favorisent l’activité physique et le transport actif, créé de nouveaux centres sportifs ou sont intervenues en matière d’offre alimentaire sur leur territoire.

La tournée des ambassadeurs

Afin de reconnaître leurs efforts et encourager l’ensemble des municipalités du Québec à entreprendre des initiatives favorisant la santé de la population, le gouvernement du Québec a initié, de mars à mai 2010, la tournée des ambassadeurs. Il s’agissait d’une vaste campagne de communication visant à inciter toutes les municipalités du Québec à poursuivre leurs efforts d'amélioration de la qualité de vie des citoyennes et des citoyens, notamment par la création d'environnements propices à l'adoption et au maintien de saines habitudes de vie. Huit villes, dont fait partie Gatineau, ont signé la Déclaration d'engagement pour les saines habitudes de vie dont l'un des objectifs est d'aménager leur territoire en privilégiant la création d'environnements favorables à l'adoption de saines habitudes de vie pour leurs citoyennes et citoyens.

Adoption de la réglementation

La ville de Rosemère, une première source d’inspiration en matière de règlementation de zonage pour limiter la restauration rapide autour des écoles

Rosemère, ville urbaine de 14 377 habitants comptant 7 écoles (4 primaires et 3 secondaires) sur son territoire, a adopté à l’automne 2012 un règlement de zonage visant à interdire la restauration rapide autour de ses écoles. Le règlement a été rédigé dans le cadre de la refonte totale des règlements, suite à l’adoption du deuxième schéma d’aménagement. En vue de la bonification de règlements existants, le conseil municipal a fait le tour des problématiques observées au sein de la ville et a décidé d’insérer dans une partie du règlement, des usages concernant la restauration (rapide) de type «fast-food».

Dans le secteur où l’on retrouve des écoles, l’usage commercial est limité au commerce de voisinage compatible avec l’habitation avoisinante. Le commerce de restauration est limité à la «restauration et établissement avec service complet (avec ou sans terrasse)», ce qui signifie que seuls les restaurants offrant un service aux tables sont permis et que le service à l’auto (qui génère beaucoup trop de circulation) est interdit.

Aussi, la ville a créé un secteur spécifique pour les commerces classés «régionaux lourds» qui aux yeux de la municipalité représentent des inconvénients pour le voisinage au point de vue achalandage, ou autres nuisances. Ces commerces doivent être localisés de façon à limiter autant que possible leur impact négatif sur les secteurs avoisinants. C’est dans ce secteur que l’on peut retrouver entre autres : les bars, les établissements présentant des spectacles et produits érotiques et les comptoirs fixes ou mobiles de restauration rapide.

Rosemère adopte une règlementation interdisant les restaurants rapides autour de ses écoles

Pour en savoir plus sur la réglementation que la ville de Rosemère a adoptée en 2012 concernant l’interdiction de l’implantation de restaurants rapides autour de ses écoles, des entrevues filmées ont été effectuées par l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) auprès de la Mairesse de Rosemère, Mme Madeleine Leduc, de la Directrice des services d’Urbanisme, Mme Nathalie Legault et du Directeur des services communautaires, M Alain Roy, en présence du Directeur des communications, M Michel Girouard.

Des informations ont été recueillies sur le service spécifique créé par la ville pour les commerces classés «régional lourd» qui aux yeux de la municipalité représentent des inconvénients pour le voisinage au point de vue achalandage, ou autres nuisances. Les restaurants faisant partie de ce type de commerces doivent donc être localisés de façon à limiter autant que possible leur impact négatif sur les secteurs avoisinants.
 

Pour écouter la vidéo, cliquez ici.