Remis aux deux ans par l’ASPQ, le Prix Aurore-Bégin vise à reconnaître un projet qui influence la culture de la période périnatale en considérant celle-ci comme un processus physiologique normal de transformation personnelle, familiale et sociale. Il est composé d’une oeuvre d’art honorifique et d’une bourse de 5 000 $. Le concept de promotion de la santé retenu par l’Association est celui de la Charte d'Ottawa qui réfère à toute activité visant à conférer aux populations, aux groupes et aux individus, un plus grand contrôle sur leur santé.
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Le Prix Aurore-Bégin honore un projet qui :
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Aurore Bégin (1898-1998) a consacré sa vie à aider ceux qui en avaient besoin. Que ce soit à travers les nombreux accouchements auxquels elle a assisté ou à travers ses collectes régulières de vêtements recyclables, elle témoigne d’une époque où l’entraide était une valeur essentielle dans la vie des gens, puisque nécessaire à la survie.
Au moment où elle était servante aux États-Unis, elle eut la possibilité de travailler dans un hôpital comme technicienne. À son retour au pays, elle entreprit des études d’infirmière à Sherbrooke où elle gradua en 1928. À partir de 1932, à l’époque dite des colonies, elle commença à travailler en Abitibi où on manquait à peu près de tout, notamment de médecins et d’hôpitaux. Aussitôt qu’une nouvelle colonie s’ouvrait, elle partait s’y installer, toujours plus loin dans les bois. Tout comme beaucoup d’infirmières de sa génération, comme les institutrices de rang et de nombreuses religieuses également, elle faisait partie de ces femmes dévouées dont la société tolérait qu’elles aient une vie différente des autres à condition qu’elles consentent à travailler en des endroits isolés et dans des conditions difficiles. C’était la dure époque des femmes « à vocation ».
Les années marquantes de sa carrière furent celles où elle établit une petite clinique à Noranda. Aidée d’une jeune fille de 14 ans, elle était presque seule à soigner les malades et à assister aux accouchements, pour lesquels elle ne demandait que 15$, comparativement au montant de 65$ exigé par les médecins. En 1941, elle reçut du Collège des Médecins un diplôme de sage-femme après un examen oral. Elle a pratiqué des centaines d’accouchements pour lesquels on ne compte aucun décès de mères. Par ailleurs, deux bébés moururent, mais avant son arrivée auprès des femmes. Elle n’avait pas recours à la technologie moderne, mais elle était équipée du nécessaire. Elle assistait des accouchements par le siège et de jumeaux. Aurore Bégin était habile à reconnaitre et à intervenir sur des problèmes obstétricaux comme, par exemple, une présentation dystocique ou une procidence du cordon. Pourtant, sa clinique ferma ses portes en 1942, faute de support de la part des médecins qui devaient chaque année autoriser la poursuite de ses opérations.
Pour Aurore Bégin, l’obstétrique était un art manuel exercé avec patience, un art qui tend à se perdre de nos jours.